De Brême, la famille Assenheimer émigre en Belgique en 1937. Ludwig, le fils aîné, est apprenti dans le secteur textile. Le 10 mai 1940, les Assenheimer tentent de fuir la violence de la guerre. Ludwig, arrêté à Furnes par les autorités belges, est livré aux autorités françaises et interné au Vigeant. Il séjourne ensuite à Saint-Cyprien et à Gurs, avant d’être incarcéré au camp des Milles en mai 1941. Au printemps 1942, Ludwig Assenheimer est incorporé au Groupement de Travailleurs Etrangers de Saint-Cyr-sur-Mer. Il profite de l’occasion pour s’évader et se cache à Marseille.
Alors qu’il tente de franchir clandestinement la frontière franco-suisse, le 16 septembre 1942, Ludwig Assenheimer (22) est intercepté et transféré à Rivesaltes. Il y écrit à sa famille une lettre d’adieu qui finira par atteindre la Suisse: “quitté Rivesaltes à une destination inconnue. […] Mes adieux!” Il est déporté le 25 septembre 1942, via Drancy, à bord du transport 37. Débarqué du train à Cosel, avec d’autres hommes aptes au travail, il est mis au travail forcé dans un moulin à papier au camp d’Ottmuth, puis à Blechhammer. Ayant survécu à la marche de la mort vers Gross-Rosen, il est libéré à Buchenwald début février 1945. Il est rapatrié en mai et retrouve sa famille.
VAN GOETHEM, Herman, en Patricia RAMET, red. Drancy-Auschwitz 1942-1944: Joden uit België, gedeporteerd via Frankrijk = Juifs de Belgique, déportés via la France = Jews from Belgium, deported via France. Brussel: ASP, 2015.